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Dernière mise à jour : Mai 2021

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Surpoids, obésité et risque de cancer, les principales données

Un rapport récent du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a estimé qu’en France, chez les personnes âgées de 30 ans et plus, sur les 346 000 nouveaux cas de cancer de l’année 2015, 18 600 étaient attribuables au surpoids et à l’obésité (notamment 4 500 cancers du sein et 4 400 cancers colorectaux) soit 5,4 % des nouveaux cas de cancer (6,8 % chez les femmes et 4,2 % chez les hommes). La surcharge pondérale est ainsi le troisième facteur de risque évitable de cancer derrière le tabac et l’alcool [1].

Infographie Alcool et risque de cancer France 2019_txt

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Lien entre surpoids, obésité et cancer

Niveau de preuve scientifique

De nombreux rapports d’expertise scientifique internationaux et français ont établi un lien entre le surpoids et l’obésité et le risque de développer un cancer.

Dès 2002, un groupe d’experts du CIRC concluait « qu’éviter la prise de poids diminuait le risque de certains cancers ». Cette conclusion a été confirmée lors de la réévaluation de 2016, avec l’ajout de huit nouvelles localisations de cancers liées au surpoids et/ou à l’obésité [2,3].

En France, une expertise collective coordonnée par l’Institut National du Cancer (INCa) en 2015 a confirmé le résultat de ces évaluations, en concluant à une augmentation convaincante ou probable du risque de cancer pour plusieurs localisations, associée au surpoids et/ou à l’obésité [4].

Enfin, ces résultats sont concordants avec ceux du dernier rapport d’expertise scientifique du World Cancer Research Fund (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) publié en 2018. Ce rapport établit en effet un niveau de preuve convaincant ou probable pour l’augmentation du risque de cancer pour 15 localisations, associée au surpoids et/ou à l’obésité [5].

Localisation de cancers - Surcharge pondérale France 2020

Facteurs nutritionnels et risque de prise de poids, surpoids et obésité

Dans le rapport d’expertise de 2018, le WCRF et l’AICR ont également évalué les facteurs qui contribuent au risque de surcharge pondérale : consommation de « fast food » et autres aliments transformés riches en matière grasse, en amidon ou sucre, et de boissons sucrées ; sédentarité et manque d’activité physique [5]. Ces facteurs sont à prendre en compte dès le plus jeune âge.

Facteurs - Surcharge pondérale France 2020

Focus sur les mécanismes

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer l’augmentation du risque de cancers associée à la surcharge pondérale. Des mécanismes communs à différentes localisations de cancer ont été identifiés [3] :

  • l’insulinorésistance, liée à l’excès de tissu adipeux, conduit à une augmentation de la sécrétion d’insuline par le pancréas. Une hyperinsulinémie chronique entraine une production de l’hormone de croissance insulin-like growth factor-1 (IGF-1) qui favorise la prolifération cellulaire ;
  • un état inflammatoire chronique, induit par l’obésité, favorisant le stress oxydatif dont la peroxydation lipidique. Les produits de cette peroxydation peuvent induire des altérations de l’ADN ;
  • les hormones stéroïdes (œstrogènes, androgènes et progestérone) peuvent également être impliquées dans le risque de cancer associé à l’obésité. Une enzyme du tissu adipeux, l’aromatase, convertit les androgènes en œstrogènes. Ces derniers stimulent la multiplication des cellules des tissus hormonodépendants (sein, endomètre, ovaire) même après la ménopause.

Recommandations 

Afin de limiter les risques de surpoids et d’obésité, l’INCa conseille de [6] :

  • pratiquer tous les jours au moins 30 minutes d'activité physique dynamique comme de la marche rapide, et limiter les activités sédentaires (ordinateur, télévision...) 
  • limiter les aliments à forte densité énergétique, trop riches en graisses et/ou en sucres, qu’il s’agisse de quantités consommées ou de fréquence de consommation 
  • privilégier les aliments à faible densité énergétique, comme les fruits et les légumes 
  • consommer des aliments contenant des fibres alimentaires
  • adopter un régime alimentaire de type méditerranéen
  • surveiller son poids de façon régulière, en se pesant au moins une fois par mois

En 2019, Santé publique France a publié les nouvelles recommandations nutritionnelles destinées à la population adulte française [7]. Elles ont pour objectif d’aider les adultes à faire de meilleurs choix alimentaires et à adopter un mode de vie plus actif, permettant notamment de prévenir le surpoids et/ou l’obésité. Ces recommandations sont concordantes avec celles de l’INCa.

Pour s’informer et se faire aider

Si vous êtes en situation de surpoids (IMC > 25 kg/m²) ou d’obésité (IMC > 30 kg/m²) ou si vous avez eu récemment une prise de poids rapide, parlez-en à un professionnel de santé. Ce dernier pourra vous accompagner et, si besoin, vous orienter vers une prise en charge adaptée : consultation de diététique, prescription d’activité physique adaptée…

En complément, plusieurs outils déployés par Santé publique France sont disponibles, facilitant la mise en pratique des recommandations nutritionnelles : 

  • le site mangerbouger.fr, avec notamment « La fabrique à menus », propose des idées de menus de saison variés pour manger équilibré toute la semaine en accord avec les repères nutritionnels.
  • Le Nutri-Score, logo à 5 couleurs apposé sur la face avant des emballages, informe les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des produits. De « A » pour les produits les plus favorables sur le plan nutritionnel à « E » pour les produits les moins favorables.

La surcharge pondérale en France

La surcharge pondérale qui regroupe le surpoids et l’obésité est généralement estimée par l’indice de masse corporelle (IMC), indicateur calculé par le rapport poids (kg)/taille2 (m²).

Principales catégories d’IMC et correspondance en poids pour deux exemples de taille chez l’adulte entre 18 et 65 ans

Principales catégories d’IMC (kg/m²)

Poids (en kg) pour deux exemples de taille

Poids insuffisant

IMC < 18,5

1,65 m

1,75 m

Poids normal

18,5 ≤ IMC < 25

50 ≤ poids < 68

56 ≤ poids < 76

Surcharge pondérale

surpoids

25 ≤ IMC < 30

68 ≤ poids < 81

76 ≤ poids < 91

obésité

IMC ≥ 30

poids ≥ 81

poids ≥ 91

L’adiposité abdominale (mesurée par le tour de taille ou par le rapport tour de taille/tour de hanches) est un autre indicateur utilisé pour caractériser la corpulence.

Adiposité abdominale et risque de complication métabolique (obésité, diabète de type 2, dyslipidémies, hypertension artérielle…), d’après l’Organisation mondiale de la santé [8]

Indicateurs

Seuils à risque pour l’adiposité abdominale

Risque de complication métabolique

Tour de taille

> 94 cm (homme)
> 80 cm (femme)

Accru

> 102 cm (homme)
> 88 cm (femme)

Considérablement accru

Rapport tour de taille/tour de hanches

≥ 1,0 (homme)
≥ 0,85 (femme)

Considérablement accru

La prévalence de la surcharge pondérale a augmenté depuis les années 1990 dans la population adulte vivant en France, et cette progression a été encore plus notable pour l’obésité. La surcharge pondérale est stable depuis une dizaine d’années, mais elle reste un problème de santé publique y compris à l’égard du risque de cancer.

Actuellement, d’après les enquêtes reposant sur des données de poids et taille mesurées, près de la moitié des adultes sont en surcharge pondérale, parmi lesquels 32 % sont en surpoids et près de 17 % obèses. La prévalence du surpoids est plus élevée chez les hommes que chez les femmes alors que celle de l’obésité est sensiblement identique pour les deux sexes. Les prévalences du surpoids et de l’obésité augmentent fortement avec l’âge, avec une stabilisation à partir de 40 ans chez les femmes [9].

Surpoids et obésité : situation des adultes français de 18-74 ans

Expo France-Illustration corpulence

Source : Esteban 2015

Des différences socio-économiques et régionales existent. La prévalence de l’obésité est inversement proportionnelle au niveau d’étude : les personnes les moins diplômées sont plus fréquemment en situation d’obésité, avec un niveau d’obésité plus sévère [9]. De même, pour les femmes, les employées et les ouvrières présentent les prévalences les plus élevées et les cheffes d’entreprises et professions intermédiaires les plus faibles. Le Nord et l’Est de la France sont les régions où la prévalence de l’obésité est la plus élevée [10].

La politique française en matière de prévention et prise en charge du surpoids et de l’obésité

Depuis 2001, avec le lancement du Programme national nutrition santé (PNNS), la prévention du surpoids et de l’obésité est devenue en France une priorité nationale de santé publique. Ce programme pluriannuel a été prolongé en 2006, en 2011, puis récemment en 2019 avec le 4ème PNNS 2019-2023 [11].

En 2010, le Plan Obésité (PO) 2010-2013 est venu renforcer le PNNS en mettant l’accent sur les personnes atteintes d’obésité. Ce plan est aujourd’hui poursuivi avec le déploiement de la feuille de route « Prise en charge de l’obésité 2019-2022 » [12, 13].

Ces deux programmes s’articulent également avec des actions prévues dans le cadre du Plan Cancer 2014-2019 [14].

L’ensemble de ces programmes, visent à réduire l’obésité et le surpoids (stabiliser la prévalence de l’obésité chez l’adulte, la diminuer chez l’enfant – réduire le surpoids chez l’enfant et chez l’adulte) ; augmenter l’activité physique et diminuer la sédentarité à tous les âges ; améliorer les pratiques alimentaires et les apports nutritionnels, notamment chez les populations à risque.

Références

[1] Arnold M, Touillaud M, Dossus L, Freisling H, Bray F, Margaritis I, et al. (2018). Cancers in France in 2015 attributable to high body mass index. CancerEpidemiol. 52:15–9.

[2] IARC Handbooks of Cancer Prevention Volume 6: Weight and Physical Activity, 2002 <www.iarc.fr> (Consulté le 27.01.2020)

[3] IARC Handbooks of Cancer Prevention Volume 16: Absence of Excess Body Fatness, 2016. <www.iarc.fr> (Consulté le 27.01.2020)

[4] Institut National du Cancer. Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données. Boulogne-Billancourt : INCa ; 2015. Voir le rapport

[5] World Cancer Research Fund / American Institute for Cancer Research. Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer: a Global Perspective. Washington DC: AICR, 2018. Disponible sur : <www.wcrf.org> (Consulté le 27.01.2020).

[6] Institut National du Cancer. Dossier web « Surpoids et obésité ». Disponible sur : <e-cancer.fr> (consulté le 27.01.2020)

[7] Santé publique France. Recommandations relatives à l'alimentation, à l'activité physique et à la sédentarité pour les adultes. Janvier 2019. Disponible sur <www.santepubliquefrance.fr> (consulté le 27.01.2020)

[8] WHO. Obesity: Preventing and Managing the Global Epidemic. Report of a WHO Consultation on Obesity. Geneva, World Health Organization. 2000. Disponible sur : <www.who.int> (consulté le 27.01.2020)

[9] Santé publique France. Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban) 2014-2016. Volet Nutrition. Chapitre Corpulence. 2017. Disponible sur <www.santepubliquefrance.fr> (consulté le 27.01.2020)

[10] Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3). Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective. Disponible sur <www.anses.fr> (consulté le 27.01.2020)

[11] Ministère des solidarités et de la santé. 4ème Programme national nutrition santé 2019-2023. Septembre 2019. Disponible sur <solidarites-sante.gouv.fr> (consulté le 27.01.2020)

[12] Ministère des solidarités et de la santé. Plan Obésité 2010-2013. Disponible sur <solidarites-sante.gouv.fr> (consulté le 27.01.2020)

[13] Ministère des solidarités et de la santé. Feuille de route « Prise en charge de l’obésité 2019-2022 ». Septembre 2019. Disponible sur <solidarites-sante.gouv.fr> (consulté le 27.01.2020)

[14] Institut National du Cancer. Plan cancer 2014-2019. Disponible sur : <e-cancer.fr> (consulté le 27.01.2020)