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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Produits laitiers et risque de cancer, les principales données

Un rapport récent du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a estimé qu’en France, chez les personnes de 30 ans et plus, environ 850 cas de cancer du côlon-rectum sur les 346 000 nouveaux cas de l’année 2015 étaient attribuables à une faible consommation de produits laitiers (< 2 portions/jour) [1].

Définitions

Tels que définis par le PNNS, les produits laitiers regroupent le lait et les boissons à base de lait, les yaourts, les petits suisses, les fromages blancs et les fromages (frais, affinés…).

Une portion de produits laitiers correspond à 150 mL de lait ou 125 g de yaourt ou 30 g de fromage.

Les boissons à base de plantes, improprement appelées laits végétaux, ne sont pas des produits laitiers.

Infographie Produits laitiers et risque de cancer France 2020

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Lien entre produits laitiers et cancer

Niveau de preuve scientifique

Plusieurs rapports d’expertise scientifique français et internationaux ont établi un lien entre la consommation de produits laitiers et la réduction du risque de développer un cancer colorectal.

Dès 1997, le World Cancer Research Fund (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) ont évalué les niveaux de preuve des associations entre consommation de produits laitiers et risque de cancer. Le dernier rapport, publié en 2018, conclut que la consommation de produits laitiers est associée à une diminution du risque de cancer colorectal avec un niveau de preuve probable [2]. Ce niveau de preuve est concordant avec la conclusion de l’expertise collective coordonnée par l’Institut National du Cancer (INCa) en 2015 [3].

Localisation de cancers - Consommation produits laitiers France 2020

Focus sur les mécanismes

Le calcium contenu dans les produits laitiers pourrait en partie expliquer leur effet protecteur sur le risque de cancer colorectal. Il a des effets directs sur les cellules, réduisant la multiplication, et induisant la différenciation et l’apoptose (mort cellulaire) des cellules tumorales. En particulier, le calcium régule négativement la production de l'hormone parathyroïde, qui peut intervenir dans la multiplication cellulaire.

De plus, le calcium agit également indirectement, en liant les acides biliaires secondaires pro-inflammatoires et les acides gras, les empêchant d’endommager la paroi intestinale [3].

Les bactéries lactiques contenues dans certains produits laitiers pourraient également contribuer à expliquer l’effet protecteur sur le cancer colorectal [3].

Qu’en est-il pour le cancer de la prostate ?

Dans les rapports de l’INCa (2015) et du WCRF/AICR (2018), une consommation élevée de produits laitiers (supérieure à 2 produits laitiers/jour) était associée à une augmentation du risque du cancer de la prostate, avec un niveau de preuve limité (suggéré). Un des mécanismes évoqués serait qu’une consommation élevée de lait augmenterait le taux sanguin d’IGF-1 (Insulin-like Growth factor 1), qui a été associé à un risque accru de cancer de la prostate. Ce niveau de preuve limité ne remet donc pas en cause la recommandation concernant les produits laitiers, identique pour les hommes et les femmes, qui est énoncée ci-après.

Recommandation

Pour prévenir les risques de cancer, l’INCa conseille de [4] :

  • Consommer deux produits laitiers par jour, en les alternant (lait, fromage, yaourt nature, fromage blanc)

En 2019, Santé publique France a publié les nouvelles recommandations nutritionnelles destinées à la population adulte française [5]. Elles ont pour objectif d’aider les adultes à faire de meilleurs choix alimentaires et à adopter un mode de vie plus actif. Ces recommandations sont concordantes avec celles de l’INCa, et comportent des données complémentaires :

  • Il est recommandé de varier les types de fromage.
  • La crème fraîche et le beurre ne sont pas comptés dans les produits laitiers. Ils sont issus du lait mais ils sont très riches en graisses et pauvres en calcium et en protéines.
  • Les desserts lactés (crèmes desserts, flans…) ne sont pas non plus considérés comme des produits laitiers. Ils contiennent en général trop peu de lait et sont souvent très sucrés.

NB : pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est 3 ou 4 produits laitiers par jour qu’il est recommandé de consommer [6].

Pour s’informer et trouver des outils

Plusieurs outils déployés par Santé publique France sont disponibles, facilitant la mise en pratique des recommandations nutritionnelles :

  • le site mangerbouger.fr, avec notamment « La fabrique à menus », propose des idées de menus de saison variés pour manger équilibré toute la semaine en accord avec les repères nutritionnels.
  • Le Nutri-Score, logo à 5 couleurs apposé sur la face avant des emballages, informe les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des produits. De « A » pour les produits les plus favorables sur le plan nutritionnel à « E » pour les produits les moins favorables.

Consommation de produits laitiers en France

En France, seulement 27 % des adultes de 18-54 ans (24 % chez les hommes et 30 % chez les femmes) ont une consommation en adéquation avec la recommandation du PNNS (2 produits laitiers/jour) [7], tandis que 35 % consomment moins de 2 produits laitiers par jour et 38 % en consomment plus.

Parmi les 18-74 ans, un tiers consomment 1,5 portion par jour ou moins. Cette faible consommation concerne davantage les femmes que les hommes [8].

Consommation de produits laitiers : situation des adultes français de 18-54 ans

Consommation France 2015 - Produits laitiers

Source : Esteban 2015

En 2014 en France, les adultes ont consommé environ 180 g/jour de produits laitiers (lait, ultra frais laitier et fromage). La consommation de produits laitiers augmente avec l’âge, et les sources de produits laitiers différent selon le sexe : par exemple, les femmes consomment davantage de yaourts et fromages blancs (82 g/j contre 72 g/j chez les hommes) [9].

Des différences socioéconomiques et régionales existent : en particulier pour les yaourts et fromages blancs, la consommation est influencée positivement par le niveau d’étude, et le taux de consommateurs est plus faible dans la région Nord-Est [9].

Références

[1]  IARC. Les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France métropolitaine. Lyon: International Agency for Research on Cancer, 2018. Disponible sur : <gco.iarc.fr> (consulté le 30.03.2020).

[2]  World Cancer Research Fund / American Institute for Cancer Research. Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer: a Global Perspective. Washington DC: AICR, 2018. Disponible sur : <www.wcrf.org> (Consulté le 30.03.2020).

[3]  Institut National du Cancer. Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données. Boulogne-Billancourt : INCa ; 2015. Voir le rapport

[4]  Institut National du Cancer. Dossier web « Aliments ». Disponible sur : <e-cancer.fr> (consulté le 30.03.2020)

[5]  Santé publique France. Recommandations relatives à l'alimentation, à l'activité physique et à la sédentarité pour les adultes. Saint-Maurice : Santé publique France, 2019. 62 p. Disponible sur <www.santepubliquefrance.fr> (consulté le 30.03.2020)

[6]  Anses. Repères alimentaires pour les populations spécifiques. Enfants, femmes enceintes & allaitantes, personnes âgées. Expertise Anses 2019. Disponible sur : <www.anses.fr> (consulté le 30.03.2020)

[7]  Torres MJ, Salanave B, Verdot C, Deschamps V. Adéquation aux nouvelles recommandations alimentaires des adultes âgés de 18 à 54 ans vivant en France. Étude Esteban 2014-2016. Volet Nutrition - Surveillance épidémiologique. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2019. 8 p. Disponible sur : <www.santepubliquefrance.fr> (consulté le 30.03.2020)

[8]  Santé publique France. Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban), 2014-2016. Volet Nutrition. Chapitre Consommations alimentaires. Saint-Maurice : Santé publique France, 2017. 193 p. Disponible sur <www.santepubliquefrance.fr> (consulté le 30.03.2020)

[9]  Anses. Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3). Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective. Disponible sur <www.anses.fr> (consulté le 30.03.2020)