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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Extractibles forestiers de l\'est EXTRAFOR_EST

Gemme l'histoire

logo gemme l'histoire avec une illustration couleur sépia qui fait donne un ton moyenâgeux
Reportage sur l'histoire du gemmage en France et ses évolutions.

L'évolution des techniques de gemmage dans le temps

Le gemmage est une activité ancienne. Comme toute activité ayant une longue histoire derrière elle, le gemmage a connu de nombreuses évolutions à travers le temps.

Durant l’Antiquité, le gemmage se faisait par le biais d’une technique nommée « gemmage au cròt » ou « gemmage au trou ». Elle consistait à creuser un trou au pied de l’arbre puis à blesser l’arbre en réalisant une care avec une hache. Cette dernière a été améliorée pour passer au hapchòt, outil plus adapté au gemmage apparu vers le XVIème siècle et dont la lame présente une courbure dirigée vers le bas. Le gemmage au trou a évolué et perdura jusqu’au milieu du XIXème siècle. Il nécessitait que l’incision soit régulièrement reprise et comportait des risques pour le gemmeur car il devait monter en hauteur avec une pitèir pour au final un résultat pas très optimal. En effet, cette technique permettait d’extraire à la fin de la saison, une résine cristallisée composée à environ 70 % de colophane. La résine coulait dans un trou, sous une caisse en bois, mais au mois de novembre, ce trou contenait 10 % d'impureté. Néanmoins, la plus grande perte se situait au niveau de la térébenthine, car en effet, seul 20 % de térébenthine étaient récupérés, une grande partie de cette dernière s’évaporait pendant la récolte.

Une méthode apparue au XIXème siècle a permis de récolter une résine plus riche en térébenthine : il s’agit de la méthode éponyme de Pierre Hugue. Elle fut brevetée par ce dernier vers 1845, accompagnée des premières usines de distillation construites dès 1850. Dans cette technique, le trou et la caisse en bois au pied de l’arbre étaient remplacés par un pot en terre cuite qui pouvait se situer à n’importe quel niveau sur le tronc. Pierre Hugue a ajouté à ce dernier un clou sous le pot afin de le fixer en hauteur, au niveau voulu et dans l’axe de la care. Ce n’est pas la seule innovation car il a également placé une lamelle en zinc au-dessus du pot afin qu’elle le stabilise et guide l’écoulement. La care, voûtée aux extrémités, était rafraîchi de manière hebdomadaire. Cette technique permettait une récolte qui comprenait d’avantage de térébenthine car elle s’évaporait moins et également moins d'impuretés.

Au tournant du XXème siècle, le « gemmage à l’activée » aussi dit « gemmage à l’acide » est apparu aux Etats-Unis. Ce n’est qu’en 1950 que cette technique est arrivée en France mais elle ne s'est imposée qu’à partir des années 60. Cette dernière permettait d’augmenter la production de gemme en blessant l’arbre, cette fois, à une fréquence bimensuelle. En effet, l’acide retardait la cicatrisation tout en maintenant ouverts les canaux amenant la résine. Qui plus est, en réponse à l’acide, l’arbre produisait plus de résine, ce qui permettait réellement d’optimiser la récolte de gemme. Dès la fin des années 90, avec le brevet de Courau, cette récolte a commencée à se faire dans des poches au lieu des pots pour éviter que des impuretés s’y mêlent. Pour appliquer la solution diluée d’acide aluminique, le gemmeur était équipé d’un manche afin de ne pas être exposé au produit. Cette technique à la fréquence bimensuelle au lieu d’une fréquence hebdomadaire permettait de réduire le coût de la main d'œuvre, étant donné que les gemmeurs se déplaçaient deux fois moins souvent. Ceci leur permettait d'être plus compétitifs sur le marché français et sur la scène internationale. Cette technique augmentait également le rendement d’environ 20 % à 30 %, amenant la récolte à un résultat compris entre 2.5 kg à 3.5 kg par gemmeur et par arbre. Mais cette technique avait pour principal inconvénient de blesser le cœur de l’arbre durant une campagne longue d’environ 8 mois.

Apres sa disparition en 1990, le gemmage revient au XXIème siècle. Les techniques continuent d’évoluer en composant avec les préoccupations de notre temps, en particulier la préservation de l’environnement. Ainsi, la société holiste a mis au point une méthode nommée méthode « Biogemme ». Cette dernière comble certaines lacunes des techniques antérieures. L’acide sulfurique est remplacé par un acide organique faible, moins dangereux pour le gemmeur. La campagne qui durait 8 mois avec la blessure bimensuelle est remplacée par une campagne de 3,5 mois durant laquelle le gemmeur fera 5 fois 2 blessures. Le problème de l’évaporation est totalement résolu par le fait que la récolte se fait en vase clos, technique qui puise ses racines dans le brevet de Wade de 1906. La blessure de l’arbre, se faisant mécaniquement, ne rentre pas trop en profondeur et n’atteint pas le bois. Cette nouvelle technique de gemmage qui ne nuit pas à la santé du gemmeur est qui plus est respectueuse de l’environnement. Elle garde les arbres en bonne santé et permet une récolte supérieure aux techniques antérieurs tant sur le plan de la qualité que de celui du rendement. Elle permet à chaque gemmeur de récolter 14 tonnes de gemme par saison contre près de la moitié avec les anciennes techniques. Cette technique fait partie de l’histoire du gemmage en France, permet de pallier aux lacunes des techniques antérieures pour permettre une reprise du gemmage et du métier de gemmeur.