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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Publier la Science

Edito PLAS 17

Visions croisées de la publication scientifique

Pour ce numéro 17 de Publier la Science, nous avons choisi d'inviter deux experts à présenter leur vision croisée de la publication scientifique. Hervé Maisonneuve, médecin, auteur du blog Rédaction Médicale, rédacteur et formateur en rédaction scientifique, et Olivier Le Gall, ancien Directeur Général Délégué aux affaires Scientifiques de l'INRA, ont accepté de rédiger ces éditoriaux, et nous les en remercions chaleureusement. Hervé Maisonneuve appelle à défendre le métier d'éditeur et la valeur ajoutée par les professionnels de l'édition aux revues scientifiques, et pointe du doigt le vrai problème de la publication scientifique: son détournement pour l'évaluation des chercheurs et l'allocation de ressources. Olivier Le Gall s'interroge quant à lui sur la pérennité du modèle des revues classiques et leur aptitude à assurer efficacement la diffusion des savoirs à l'heure du numérique, et invite la communauté scientifique à inventer d'autres modèles de publication pour "Publier Autrement". Deux points de vue qui montrent combien la publication et l'édition scientifique sont un sujet important pour les organismes de recherche, et doivent donc faire l'objet d'une vraie politique.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

Pour la qualité de la science : défendons les revues scientifiques gérées par des professionnels de l’édition

Hervé Maisonneuve
Rédacteur de www.redactionmedicale.fr, consultant en rédaction scientifique
30 rue Faidherbe, 75011 Paris. Liens d’intérêts : formateur en rédaction scientifique, rédacteur en chef adjoint de La Presse Médicale (Elsevier), ancien président de European Association of Science Editors.

Les revues scientifiques doivent se battre en 2017 sur plusieurs fronts sans pouvoir imaginer leur futur à 10 ans ! Valider, diffuser et archiver le savoir en permettant aux auteurs de prendre date ont été, depuis le 17ème siècle, les missions des revues, la plupart d’entre elles appartenant à des sociétés savantes[1]. Or les universités et organismes de recherche ont pris les revues en otage dans les années 1970/1980 : les revues sont ainsi devenues des critères de substitution pour évaluer les carrières et allouer des ressources. Le Dieu ‘facteur d’impact’ est maintenant roi avec des index h et autres ‘altmetrics’. Ces indicateurs sont des leurres pour les jurys qui jugent la quantité et les citations plutôt que la qualité des recherches.

Les chercheurs, les rédacteurs, les relecteurs ont fait ce qui était demandé : du volume et des citations ! La plupart sont honnêtes. Publier des vrais résultats - certes pas toujours fantastiques - rend les acceptations difficiles : les chercheurs ont donc embelli les articles.  L’avènement de l’électronique dans les années 1990, puis de l’Open Access dans les années 2000 ont bousculé des revues habituées à un modèle économique stable. Les éditeurs ont toujours soutenu les sociétés savantes et apporté un métier : gestion des comités de rédaction, diffusion d’instructions aux auteurs, gestion du peer-review, des bonnes pratiques de publication, ré-écriture des manuscrits, gestion de la chaine de publication, amélioration de la qualité des articles, mise en place des outils électroniques d’accès aux articles, diffusion des publications, etc. Voire même du data management et de la promotion sur les réseaux sociaux. Il est d’ailleurs impossible de résumer ou réduire les ‘96 tâches de l’éditeur’, listées par K Anderson sur The Scholarly Kitchen[2] , tant elles sont essentielles à la qualité de la science.

Néanmoins, certains chercheurs n’ont pas accepté les profits des éditeurs. En effet, ces profits sont comparables - en pourcentage - à des secteurs comme le pétrole, les technologies et le e-commerce. En fait les éditeurs ont de très petits chiffres d’affaires comparés à Apple ou Google... Et les profits en valeur absolue ne sont pas du tout comparables. Faut-il boycotter les sociétés qui font des profits importants ? Commençons par boycotter Apple, et autres sociétés qui gagnent beaucoup d’argent !

Je comprends l’opposition à un modèle économique, l’économie de marché a des travers ; mais je ne comprends pas les aveugles qui ne reconnaissent pas le métier des éditeurs. Des groupes privés sans but lucratif ont des profits élevés comparables parfois aux grands éditeurs, comme le groupe PLOS par exemple ; le groupe Frontiers (privé avec quelques actionnaires), le NEJM (appartenant à une société savante) ne publient pas leurs chiffres, et les profits sont élevés (rumeurs non démenties) ; PLOS ONE (privé sans but lucratif) se fait dépasser par Scientific Reports de Springer (privé à but lucratif), car le métier des anciens éditeurs est reconnu ; l’Open Access est devenu le métier des éditeurs historiques (Springer/Elsevier/…). Est-ce que les maisons d’édition auraient dû mutualiser leurs produits et proposer un modèle économique semblable à celui de la musique (Spotify, Deezer) ? Penser que l’avènement des preprints déposés sur des archives ouvertes sans classement, ni peer-review, ni remises en forme est l’avenir de la publication, penser que les archives ouvertes vont remplacer les revues sont des paris dangereux pour la science. Qui va gérer, contrôler, diffuser ces ‘publications’ ?
Le vrai débat est celui de la qualité, pas celui des profits. Quels sont les supports de qualité pour la science ? Quels sont les acteurs qui apportent une valeur ajoutée ? Quels sont les acteurs dont le métier est reconnu ? Faire des revues de qualité est un métier difficile ; les profits, petits en valeur absolue, ne sont peut-être pas si scandaleux. Quand les organismes de recherche et les universités cesseront de prendre en otage les revues, une science lente pourra émerger avec de la qualité, sans rechercher l’obésité du curriculum. Les publications s’en porteront mieux.

[1] Ware M, Mabe B. The STM report. An overview of scientific and scholarly journal publishing. Celebrating the 350th anniversary of journal publishing. 2015, 180 pages  http://www.stm-assoc.org/2015_02_20_STM_Report_2015.pdf
[2] Guest Post: Kent Anderson UPDATED — 96 Things Publishers Do (2016 Edition). The scholarly kitchen. https://scholarlykitchen.sspnet.org/2016/02/01/guest-post-kent-anderson-updated-96-things-publishers-do-2016-edition/

#PublierAutrement la Science à l’ère numérique

Olivier Le Gall
Directeur de recherche, ancien Directeur Général Délégué aux affaires Scientifiques de l'INRA

Un mythe urbain attribue au fondateur d’IBM la prédiction, en 1943, que le marché mondial des ordinateurs serait d’environ cinq unités. Qu’il en ait été l’auteur ou pas, le fait est qu’il y a 75 ans, bien peu de visionnaires auraient osé imaginer qu’aujourd’hui chacun de nous possède plusieurs ordinateurs, dont souvent dans sa poche un smartphone doté de capacités de calcul elles-mêmes inenvisageables à l’époque, et accède en permanence à d’encore plus grosses machines mutualisées. Le partage des savoirs est ainsi l’objet d’une révolution qui est peut-être bien du même ordre que l’apparition du langage ou que les inventions de l’écriture puis de l’imprimerie. Quelles conséquences pour « Publier la Science » ?

Les pratiques de chaque communauté disciplinaire diffèrent, mais tendent à reposer sur des modèles de plus en plus industrialisés au sein de plateformes spécialisées. Qu’elles soient gérées par des collectifs de chercheurs (sociétés savantes ou simples initiatives) ou par des multinationales, ces plateformes intègrent l’ensemble du processus éditorial : accueil des manuscrits, validation par les pairs, mise en forme, diffusion, archivage. Les plus grandes s’étendent vers l’amont (les données des labos) et l’aval (la décision des acteurs). Les savoir-faire « métier » de ces plateformes sont certes précieux pour les communautés scientifiques, mais cette concentration est-elle la meilleure garante de l’efficacité de la diffusion des savoirs ? ou de son indépendance ? ou de sa pérennité ? Quelle que soit le sentiment de chacun à ce sujet, il y a assurément lieu de revisiter le processus de diffusion des connaissances objet par objet, étape par étape, cible par cible, afin d’imaginer comment la révolution numérique l’enrichira le mieux. Le quotidien de la prochaine génération de chercheurs nous est inimaginable, mais notre responsabilité est de leur préparer le terrain.

Les processus de validation des manuscrits se déroulent habituellement sous le sceau de la confidentialité ; ils sont fondés sur un très petit nombre d’experts, et cantonnés à la toute première étape de la vie d’un article. Ce modèle dominant n’est pas le seul qu’on puisse imaginer : des processus ouverts (open peer review), tout au long de la vie de l’article (post-publication peer-review) et même participatifs (crowd-based peer-review[3]) donnent déjà lieu à des expériences. Si l’ouverture maîtrisée des processus ne compromet pas la qualité des savoirs publiés, voire en améliore la qualité tout en soulageant certaines contraintes actuelles, il faudra s’emparer de certains de ces principes.

Les processus de diffusion sont aujourd’hui trop souvent restreints à une élite dans un champ disciplinaire. Il n’y a pas de bonne raison qu’un seul des articles publiés par l’INRA ne soit pas lisible par un seul de nos concitoyens, ou par un collègue d’une discipline connexe, ou même par un robot d’agrégation des connaissances. La Science a besoin d’un service de diffusion libre des manuscrits dans des formats lisibles par des humains et par des machines, et liés à tous les compléments pertinents (infrastructures de recherche utilisées, accès aux jeux de données, commentaires des experts, publication finale, etc.). Les serveurs de pré-publications (preprints) sont à même d’offrir ce service. Un manuscrit peut y être commenté par plusieurs communautés quand, comme souvent à l’INRA, il résulte de recherches interdisciplinaires. Son identifiant unique permet de le citer dans d’autres travaux, ou de le commenter dans les réseaux sociaux scientifiques ou citoyens. Son antériorité peut être revendiquée par les auteurs car il est horodaté. Et finalement, rien ne s’oppose à ce qu’il soit publié dans un « vrai » journal. Bref il peut vivre sa vie de manuscrit, pleinement et richement, mais de manière transparente. L’expérience « Peer Community In »[4] s’ancre dans une vision de ce type ; d’autres émergeront.

Enfin, l’acte de publication est si central que #PublierAutrement signifie aussi vivre autrement sa vie de chercheur. Ouvrir la diffusion des connaissances pose de nouvelles questions et offre de nouvelles opportunités en ce qui concerne la production de ces connaissances : organisation des dispositifs de recherche et de partage des données, formation des chercheurs, intégrité scientifique, évaluation, etc. En ce qui concerne l’évaluation, pour ne prendre que ce volet, de nouveaux descripteurs apparaissent, comme par exemple altmetrics ; il faudra compléter cette gamme mais veiller à ne pas reproduire l’erreur collective des facteurs d’impact (cette époque où nous avions l’œil rivé sur des manomètres plus ou moins adaptés à l’objet mesuré…).

La Science est un processus profondément humain, que la révolution numérique interpelle tant dans ses fondements que dans ses pratiques. Cela nécessite de repenser fondements et pratiques pour mieux s’appuyer sur les machines, et finalement nous permettre de nous consacrer à l’essentiel de notre mission : appliquer notre esprit critique pour faire de la science et la publier.

[3] List, B. (2017). Crowd-based peer review can be good and fast. Nature News 546, 9. doi:10.1038/546009a
[4] Voir Édito Publier La Science 16 http://www6.inra.fr/caps-publierlascience/Les-editos/Edito-PLAS-16