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Dernière mise à jour : Mai 2018

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AgriBEA-Bien-Etre-Animal

Réseau Agri Bien-Etre Animal

(AgriBEA)

Lettre n°9 - Avril 2001

Les émotions représentent l'unité de base du bien-être animal : sans émotion, pas de mal-être, pas de bien-être. C'est l'accumulation de situations auxquelles l'individu ne peut pas faire face qui conduit au stress. Parallèlement aux efforts développés pour analyser les émotions des animaux - émotions qui sont des états transitoires -, il nous semble qu'il faudrait consentir une part de nos efforts à l'appréciation des états d'inconfort durables, états qui sont particulièrement inacceptables en élevage aux yeux de beaucoup.

Compte-rendu du séminaire du 21 mars 2001 " Quels moyens pour apprécier le bien-être des animaux dans les élevages ?"

Ce séminaire aurait pu être organisé autour des critères physiologiques, ou comportementaux, du stress chronique. Nous avons voulu aller un peu plus loin, ou aller un peu différemment, en réfléchissant sur les moyens d'une appréciation globale du bien-être des animaux dans les élevages, qui est peu développée en France. Comment construire de tels outils, comment les valider, comment prendre en considération les divergences entre critères, entre experts… Telles ont été les questions abordées lors du séminaire. Elles ont été traitées par référence aux techniques développées dans des domaines de l'épidémiologie animale, la qualité de vie en humaine, l'aide à la décision.

François Madec, vétérinaire épidémiologiste à l'AFSSA, nous a présenté les travaux de son équipe sur l'appréciation de l'état sanitaire des porcs destinés à la reproduction, en vue de contrôler la transmission de pathogènes entre élevages. A la fois la santé des animaux et la vulnérabilité des élevages à l'égard des contaminants devaient être appréciées. L'indicateur épidémiologique choisi a été basé sur un ensemble de critères issus de la bibliographie, de discussions entre experts et avec des professionnels, ainsi que d'expérimentations. Les données étaient collectées par entretien avec l'éleveur (mortalité, morbidité, performances zootechniques), par observations des animaux (symptômes cliniques) et des locaux, par prélèvements sanguins ou examens post-mortem (sérologie, lésions), ou à partir des documents d'élevage. Les données ont été traitées par AFC (Analyse factorielle des Correspondances) puis CAH (Classification Ascendante Hiérarchique) afin de dégager des profils à risque, ces profils résultants de la combinaison de facteurs. Les qualités de l'outil ont été définies : - la répétabilité et la reproductibilité ont été évaluées par des visites successives sur les mêmes élevages, - la fiabilité a été contrôlée en introduisant des reproducteurs provenant d'élevages identifiés comme à risque dans une porcherie expérimentale et en mesurant l'incidence des pathologies sur les animaux résidants. Enfin, la diffusion de cet outil a permis de limiter le risque sanitaire.

Le concept de qualité de vie en humaine ressemble au concept de bien-être animal. L'un comme l'autre mettent en avant la façon dont l'individu perçoit l'état dans lequel il se trouve. Tout deux sont des concepts multidimensionnels, le poids de chaque dimension pouvant varier d'un individu à l'autre. Il nous a semblé que nous pourrions nous inspirer judicieusement des moyens de construction et de validation des questionnaires de qualité de vie pour mettre au point des outils d'appréciation du bien-être des animaux dans les élevages.

Après avoir cité les différentes approches pour vérifier la validité d'un questionnaire qualité de vie (validité de contenu (ou de construit), validité en référence à un critère extérieur (ou validité de convergence), validité en référence à un modèle théorique, Florence Cousson-Gélie, maître de conférences en psychologie à l'université Bordeaux II, nous a parlé plus précisément de la validité de construit. Celle-ci concerne les items choisis pour apprécier la qualité de vie, les instructions données pour remplir un questionnaire, les critères de cotation… Les items doivent permettre d'apprécier les différentes dimensions de la qualité de la vie : la dimension fonctionnelle (qualité de vie associée à la réalisation de mouvements, l'état de fatigue, la douleur perçue…), la dimension sociale (associée aux relations familiales, professionnelles, amicales), la dimension émotionnelle (associée aux états anxieux, dépressifs et aux fonctions cognitives). En général, les items sont établis à la fois suite à des discussions d'experts et des entretiens avec des sujets. Le questionnaire doit ensuite être utilisé sur un échantillon (avec 5 fois plus de personnes interrogées que d'items). F. Gélie a insisté sur la nécessité de vérifier que les items sont bien groupés selon les dimensions définies au départ, ce qui permet de tester le modèle théorique. Cette vérification se fait par ACP (Analyse en Composantes Principales). Le coefficient de consistance interne (a de Chronbach) est également utilisé pour vérifier la cohérence entre items ainsi groupés. F. Gélie a conclu en insistant sur l'opposition entre les échelles générales de qualité de vie, pouvant être utilisées pour comparer des pathologies mais avec des items parfois inadaptés, et les échelles spécifiques qui présentent les avantages et inconvénients inverses.

Laurent Gerbaud, médecin épidémiologiste au CHU de Clermont-Ferrand, a rappelé que la valeur d'un questionnaire qualité de vie dépendait de sa validité (cf. plus haut), de sa reproductibilité (appréciée par test-retest : coefficient k, corrélation entre axes), de sa sensibilité au changement (par exemple dégradation dans le temps chez des patients atteints de maladies chroniques), de son potentiel d'utilisation (par exemple par les professionnels de la santé). Il nous a parlé plus précisément des moyens d'appréciation de la qualité de vie des patients atteints de la maladie d'Alzheimer chez qui le déficit cognitif rend difficile l'utilisation de questionnaires. L'observation de l'aspect et du comportement des patients, par le personnel soignant et les proches, se substitue au questionnaire. Il est alors nécessaire de bien distinguer la performance de l'individu (se déplacer, être nourri correctement, être indépendant physiquement…) de ce qu'il semble ressentir (par exemple : une personne peut avoir la capacité de se déplacer mais ne pas le faire de son propre gré). La pertinence des appréciations est vérifiée par comparaison du résultat des observations et de celui obtenu par questionnaire chez des patients dans les premiers stades de la maladie où les fonctions cognitives sont peu atteintes.

Comment passer de l'évaluation du bien-être des animaux à leur protection ? La décision repose souvent sur de multiples critères, sur des informations qui ne sont pas certaines à 100%, sur des avis partagés entre personnes.

Patrice Perny, maître de conférences à l'Université Paris 6, nous a exposé les dangers d'une approche naïve des problèmes d'agrégation dans les problèmes d'évaluation et de décision. Il a présenté une revue de différents travaux menés en recherche opérationnelle et en théorie de la décision, en vue de faciliter la préparation rationnelle des décisions (structuration des problèmes, méthodologie d'évaluation et de comparaison, élaboration d'une recommandation). A partir d'un exemple de problème d'évaluation en présence de données quantitatives (par ex. la durée d'un projet) et de données qualitatives (par ex. le niveau de risque du projet), P. Perny nous a expliqué les pièges liés à l'utilisation des représentations numériques dans les procédures d'évaluation et de décision. Il a notamment souligné une erreur fréquemment commise qui consiste à se précipiter sur le calcul d'une moyenne (éventuellement pondérée), sans prendre soin d'en vérifier la pertinence effective dans le cadre d'une application. Cette pertinence s'apprécie en étudiant des propriétés telles que la commensurabilité des évaluations partielles, la cardinalité de l'information initiale, la linéarité des préférences, le caractère compensatoire des mécanismes d'agrégation recherché… A titre d'illustration, il nous a présenté quelques alternatives possibles, adaptées à des niveaux d'information plus faible, comme les approches relationnelles et les méthodes d'agrégation ordinale (par exemple basée sur la notion de rang ou celles basées sur des comparaison ordinales avec des profils de référence). Nous avons aussi découvert les dangers de certaines procédures de votes (par exemple, le vote majoritaire à deux tours, qui présente des singularités tout à fait contre-intuitives dans la manière dont il lie l'issue d'un scrutin aux suffrages exprimés…). En conclusion, P. Perny a souligné que chaque méthode présente des limites et qu'il est nécessaire de décortiquer la structure du problème posé pour choisir la méthode la plus appropriée. D'une manière pragmatique, les méthodes quantitatives méritent d'être explorées: un recueil exhaustif de données auprès d'experts peut permettre d'avoir un jeu de données qui respectent les conditions d'applicabilité d'une méthode quantitative. A l'opposé, si ce recueil est impossible, des méthodes qualitatives devront être utilisées. Celles-ci seront peut être moins discriminantes mais elles présenterons l'avantage de ne pas faire dire aux données plus qu'elle ne peuvent en dire...

Bien souvent, en enquête comme en expérimentation, nous prenons la sage précaution d'élargir notre palette de mesures afin de disposer d'indicateurs divers et variés, comportementaux, physiologiques et sanitaires, pour apprécier le bien-être des animaux (dit en passant, le terme de la qualité de vie pourrait d'ailleurs être plus approprié que celui de bien-être, ce qui nous éviterait de parler de " bon bien-être " et " mauvais bien-être "). Lors d'observations de terrain, la prise de données peut varier d'un enquêteur à un autre, voire d'un jour à l'autre si des événements extérieurs sont survenus. Aussi la question de la reproductibilité des observations se pose-t-elle de la même façon que dans les enquêtes épidémiologique ou les questionnaires qualité de vie. La validité des observations mérite également d'être explorée en référence à des critères ou avis extérieurs. Enfin, en enquête, les facteurs de variations sont multiples et les résultats obtenus avec les différents critères peuvent être contradictoires. Aussi somme- nous amenés à agréger les résultats, de manière consciente ou non consciente d'ailleurs. La justification de ces groupements et des moyens de synthétiser les informations mérite d'être contrôlée… Je ne pense pas exagérer en disant que chacun est reparti chez soi en se posant des questions sur les analyses de données qu'il avait pu faire auparavant !

Pour en savoir plus

Quelques copies d'articles sur la qualité de vie transmis par L. Gerbaud sont encore disponibles (les demander à I. Veissier).

P. Perny nous a présenté des ouvrages de référence sur l'aide à la décision:
  • Bernard Roy, Méthodologie Multicritères d'Aide à la Décision, Economica ;

  • Jean-Charles Pomerol et Sergio Barba-Romero, Choix Multicritères dans l'Entreprise: Principe et Pratique, Hermes coll. informatique ;

  • Denis Bouyssou, Thierry Marchant, Marc Pirlot, Patrice Perny, Alexis Tsoukias, Philippe Vincke, Evaluation and Decision Models: a Critical Perspective, Kluwer's academic publishers.

Europe

Les premières réunions des deux groupes de travail de l'action COST 846 (groupe 1 : Measuring Welfare, Anim. : I. Veissier ; groupe 2 : (On-farm) Monitoring Welfare, anim., R. Geers (Louvain)) auront lieu respectivement du 26 au 28 avril et les 20-21 avril. Deux enquêtes ont circulé afin de préparer ces réunions. Le compte-rendu des réunions sera diffusé au sein d'AGRIBEA. Nous vous rappelons que le système COST fonctionne sous forme de représentants par pays nommés par le ministère. Les représentants français sont MC Meunier-Salaun, R. Dantzer et moi-même. Passez par nous pour tout renseignement ou demande !

Food for thoughts

Enfin un article traitant de bien-être animal dans Nature : Mason G., J. Cooper, C. Clarebrough, 2001. Frustrations of fur-farmed mink, Nature, 410 : 35-36.

Nouvelles fonctions

Pierre Le Neindre a été nommé auprès de la Direction Générale de l'Inra pour une mission portant sur la déontologie de la recherche, la mise en place de comités d'éthique en expérimentation animale, la représentation de l'Inra auprès des instances extérieures en matière de Bien-être animal en élevage. En conséquence, I. Veissier est chargée de la responsabilité de l'équipe " Adaptation et comportements sociaux ".

Recherches sur le comportement du cheval

Dans la lettre précédente, nous vous avions fait part de l'appel d'offres des Haras Nationaux. En ce qui concerne les études sur le comportement, deux projets ont été présentés et retenus pour financement: 1) les prédicteurs du tempérament du cheval (M.F. Bouissou) ; 2) La manipulation des poulains : quand et comment ? (M. Hausberger). Les Haras Nationaux souhaitent développer les recherches en comportement. Nous vous encourageons à présenter des projets pour l'année 2002.

A vos agendas !

Séminaires AGRI bien-être animal - 26 Juin 2001 - Inra, amphi 147 rue de l'Université, Paris.
Projets scientifiques du groupe agri bien-être animal: état des lieux et perspectives

10h: Introduction (R. Dantzer) puis 1h30 par projet

10h15: Douleur (J. Servière/M. Hay)

11h45: Emotions liées à la rupture des liens sociaux (P.Orgeur)

14h15 : Emotion et cognition (A. Boissy)

15h45 Réseau génétique (C. Beaumont)

16h15-17h00 Discussion générale (en autres : gestion des demandes de postes)

12 septembre 2001 (à confirmer) - Inra, amphi, 147, rue de l'Université, Paris.
Les marqueurs moléculaires du bien-être animal: quelle stratégie? (Orga. : R. Dantzer)

10h00: Introduction (R. Dantzer)

10h30: Les perspective ouvertes par les approches de génomique fonctionnelle (Ph. Monget)

11h15 : L'exemple du poisson (P. Prunet)

12h00: La cible surrénalienne chez les mammifères (P. Mormède)

12h45: repas

14h00: Les cibles de la mort cellulaire (P. Parnet)

14h45: Les cibles de l'émotivité: l'exemple des cailles (C. Beaumont/O. Roussot)

15h30-17h00: Discussion générale

2 Décembre 2001 - "Sciences humaines et sociales" (orga. : Fl. Burgat)

Le comité de coordination : F. Lévy, I. Veissier, R. Dantzer