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Dernière mise à jour : Mai 2018

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AgriBEA-Bien-Etre-Animal

Réseau Agri Bien-Etre Animal

(AgriBEA)

Lettre n°3 - Octobre 1999

La deuxième réunion scientifique de l’AGRI Bien-Etre Animal a eu lieu le 23 septembre 1999. Elle était principalement consacrée à la douleur chez les animaux d’élevage et réunissait une vingtaine de chercheurs (16 Inra, 1 AFSSA et 4 instituts techniques). D. Le Bars (INSERM) était invité à donner une conférence. La réunion a également permis de faire le point sur les prochaines activités du groupe. Le compte-rendu constitue l’essentiel de la lettre.

Programme de la réunion du 23/9/99

10h: R. Dantzer (Bordeaux) Introduction ;

10h15: D. Le Bars (INSERM U161, Paris) : Ce que la recherche peut nous apprendre sur le sensibilité à la douleur chez les animaux d'élevage: analyse critique ;

11h30: J. Servière (Jouy): Etude de la douleur d'origine viscérale chez le canard ;

12h15: M. Hay (ENV, Toulouse): Approches comportementale et physiologique pour l'étude de la douleur: la castration ; 12h45: A. Prunier (Rennes): Castration, caudectomie et meulage des dents chez le porcelet ;

14h15: C. Leterrier (Nouzilly): Troubles locomoteurs et douleur chez le poulet ;

14h45I. Veissier et A. Boissy (Theix): Analgésie induite par le stress chez les bovins ;

15h10: Discussion sur les approches comportementales et physiologiques de la douleur ;

16h00: Discussion sur les activités du groupe.

Résumé des interventions

R. Dantzer a rappelé l’importance indéniable de la prise en compte de la douleur animale pour l’évaluation du bien-être animal et paradoxalement le faible nombre d’études consacrées à ce problème chez les animaux d’élevage. Quatre projets provenant de chercheurs de notre groupe ont été soumis à la DGAL très récemment.

D. le Bars a rappelé la définition de la douleur chez l’homme comme une « sensation désagréable et une expérience émotionnelle en réponse à une atteinte tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes » et précisé que chez l’animal on parle plutôt d’expérience sensorielle aversive qui s’accompagne de réponses motrices et végétatives protectrices. Elle peut être provoquée par l’application de stimuli de forte intensité, ou de substances dîtes algogènes.

Il a souligné la difficulté de définir et d’évaluer la douleur chez l’animal pour des raisons évidentes d’absence de communication verbale. De plus les symptômes de douleur (altérations du comportement, activation du système nerveux autonome) sont peu spécifiques. L’activité spontanée (immobilité, hyperactivité), les attitudes (autoconsultation, suppression d’appui, déplacement du centre de gravité, réactions somatiques simples ou conditionnées), les vocalisations, les modifications des comportements alimentaire, social, sexuel, de toilettage et les perturbations du sommeil sont autant de signes de douleur mais dont la signification dépend de la situation, de l’espèce étudiée , de la motivation du sujet, et de son état émotionnel. La caractérisation d’une situation douloureuse à partir de l’utilisation d’analgésiques est encore délicate dans la mesure où cette pharmacopée a été peu étudiée chez l’animal.

Le Bars a également exposé les difficultés à mesurer la sensibilité à la douleur. La nature du stimulus (thermique, électrique, mécanique) conditionne le type de récepteurs qui vont être activés (en plus des fibres C responsables de la nociception) et le type de réponse de l’animal. L’application d’une chaleur radiante est la plus appropriée car elle stimule principalement les fibres C et la montée en température est très rapide (ce qui diminue d’autant la différence entre la latence biologique qui dépend des nocicepteurs et la latence de la réponse comportementale). En revanche, un stimulus faisant intervenir une pression est plus délicat à manipuler, en partie parce qu’il active des mécanorécepteurs.

J. Servière a exposé sa stratégie d’étude de la douleur consécutive au gavage chez le canard. Une description des voies viscero-nociceptives est un préalable indispensable à toute étude fonctionnelle. Une première étude immunohistochimique révèle des connexions à substance P et à CGRP (Calcitonin Gene Related Peptide) dans la corne dorsale de la moelle épinière. La mise en évidence de connexions fonctionnelles de la nociception se fera par la caractérisation de la réponse de la protéine nucléaire Fos, marqueur de l’activité cellulaire, suite à une distension gastrique ou à l’application d’un stimulus supposé nociceptif. Les mesures de la cortisolémie et de la fréquence cardiaque sont également envisagées.

M. Hay, après avoir souligné la nécessité éthique de minimiser la douleur, a retracé les différentes approches comportementales et physiologiques, utilisées chez l’animal d’élevage. Mesurer la douleur c’est l’identifier au travers de réactions directes exprimées pendant la phase défensive (vocalisations) ou pendant la phase de récupération (mesure de l’analgésie induite). C’est également évaluer les réactions indirectes comme les perturbations des comportements habituels ou l’évitement des situations douloureuses. Pour M. Hay, la réponse comportementale serait trop spécifique de la situation douloureuse et les mesures neuroendocriniennes (cortisol, catécholamines), seraient à privilégier parce que plus intégratives. Cette position a été discutée. Enfin d’après les recherches référencées par M. Hay, la limitation de la douleur nécessite l’emploi conjoint d’un analgésique et d’un anti-inflammatoire qui réduirait les perturbations physiologiques (cortisol) et comportementales. M. Hay a déposé, auprès de la DGAL, un projet visant à identifier les mesures comportementales (vocalisations, postures, seuil de sensibilité à la douleur) et physiologiques (T° corporelle, catécholamines et cortisol urinaires) pertinentes pour évaluer la douleur consécutive à la castration du jeune porcelet. Un essai clinique utilisant un traitement antalgique sera ensuite entrepris.

A. Prunier a fait part de son projet visant également à évaluer, par des mesures comportementales et physiologiques (cortisol et catécholamines plasmatiques), la douleur occasionnée par la castration, le meulage des dents et la caudectomie chez le porcelet.

C. Leterrier, après avoir exposé les différentes pathologies liées aux troubles de la locomotion chez le poulet, a rapporté les différentes modèles utilisés pour évaluer la réponse à la douleur (ex : injections intra-articulaires de cristaux d’urate). La préférence, par l’animal, d’un aliment comprenant un analgésique par rapport à un aliment normal, permet de supposer l’existence d’une douleur occasionnée par une boiterie. J.P. Morisse a rappelé que les oiseaux sont caractérisés par une sensibilité à la douleur apparemment faible lors de certaines interventions comme le chaponnage. De plus, ils ne sont pas sensibles à l’action de la morphine et de ses dérivés. Par ailleurs, les mécanismes spinaux et centraux impliqués dans la nociception des oiseaux ne sont pas connus.

I. Veissier et A. Boissy ont étudié, chez les bovins, l’analgésie induite par un stress aigu (isolement social) et par un stress chronique (instabilité sociale) au moyen d’un analgésiomètre à rayon laser. Une hypoalgésie transitoire ainsi qu’une élévation de la cortisolémie ont été observées dans le cas d’un isolement social. La mesure de l’analgésie apparaît donc être une bonne méthode non invasive pour évaluer un état de stress.

Activités futures du groupe

Une subvention de 500 kF (400kF sur crédits AIP + 100kF sur crédits DSAPA) a été allouée au groupe pour
  • le financement de projets sur la douleur et la réactivité émotionnelle ;

  • la préparation de projets européens ;

  • une animation scientifique.

L’apport de la génomique fonctionnelle a été discuté. Ce type d’approche permettrait d’évaluer, par exemple, l’impact d’un stress sur la souffrance cellulaire, en particulier du système nerveux.

Il est décidé que le groupe de coordination propose un calendrier de séminaires et une répartition du soutient à la recherche.

Une journée consacrée au " Bien-Etre animal et à l’Ethique animale " est organisée, le 3 décembre, par le laboratoire de comportement animal de la station PRMD de Nouzilly. Cette réunion sera précédée d’une discussion au sein de l’AGRI Bien-être animal, sur les propositions du comité de coordination. Vous recevrez prochainement de plus amples informations.

Propositions du comité de coordination

Compte-tenu des priorités affichées dans le schéma directeur, nous proposons d’utiliser une partie du budget qui a été attribué en 1999 à l’AGRI bien-être animal au soutient de projets de recherche sur les thèmes suivants :
  • douleur (selon le résultat des évaluations des projets soumis à la DGAL),

  • émotions et cognition (coordinateur proposé : Alain Boissy) et

  • émotions liées aux ruptures de liens sociaux (coordinateur proposé : Pierre Orgeur).

Les intéressés sont priés de contacter les deux coordinateurs ci-dessus. Chaque coordinateur a pour mission de mettre sur pied les grandes lignes des projets pour la mi-Novembre.

En ce qui concerne le programme d’animation, nous proposons d’organiser un séminaire scientifique par trimestre, en alternance à Paris et en Province. Les dates et les thèmes proposés figurent ci-dessous.

A vos agendas !

  • 2-3 dec 99, Tours : 2 dec 16-18h : discussion sur les propositions du comité de coordination. 3 dec 8h30–9h45, suite des discussions puis 10h-17h : séminaire Bien_être et Ethique animale.

  • 1 mars 2000, Paris : Psychologie des émotions avec des conférences sur la psychologie comparée des émotions (M. Wenzel, philosophe), Emotions et cognition (K. Scherer, psychologue), Emotions et mémoire (R. Jaffard, neurobiologiste), la neurophilosophie.

  • 7 juin 2000, Rennes : Bien-être et Elevage : approches terrain et aspects socio-économiques, organisé par A. Prunier et M.C. Salaun.

  • 20 sept 2000, Paris : Génomique fonctionnelle

  • 6 déc 2000 : Cognition, organisé par F. Lévy et M. Vauclair 2 Printemps 2000 : Hédonisme

Le comité de coordination F. Lévy, I. Veissier, R. Dantzer